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Ces dernières semaines en Suisse et en Europe ont rappelé à chacun-e que le dérèglement climatique n’est pas un concept. Il transforme durablement notre planète et notre mode de vie.

A la veille de la rentrée des classes, l’intensité et la durée des canicules estivales nous rappellent que les vacances d’été n’ont pas été ressourçantes et reposantes pour un très grand nombre d’entre nous. Pourtant, l’été évoque la liberté, la légèreté, les activités de plein air. Le dérèglement climatique bouscule cet imaginaire collectif. L’adaptation ne sera pas aisée.
À moins de modifier notre consommation d’énergie et notre relation de dépendance aux énergies fossiles sur l’ensemble du globe, l’été 2026 marquera un tournant inquiétant.

Face à cette menace, la réponse politique tourne en boucle: l’adaptation. Il convient d’adapter nos villes, nos logements, nos horaires, nos loisirs et …de boire plus d’eau.
Ironiquement, les discours officiels esquivent les mesures concrètes pour s’attaquer à la cause même du problème : les activités humaines qui participent au réchauffement climatique.

Ce mot « adaptation » retient mon attention, car il possède des vertus éducatives et pédagogiques auxquelles le monde scolaire aime faire référence. Pourtant voici un terme ambigu, qui sous-entend l’existence d’un cadre fixé, une norme préétablie.
En classe, à chaque rentrée, l’élève doit s’adapter à de nouvelles normes, attitudes, attentes, disciplines, camarades, programme, moyens d’enseignement et bientôt nouveaux horaires. Si la faculté d’adaptation est un signe d’intelligence, elle ne doit en aucun cas déresponsabiliser l’enseignant-e. Son rôle va bien au-delà de la mise en place des recommandations et obligations inscrites dans les circulaires officielles.
L’enseignant-e met en place un fonctionnement quotidien qui porte des règles et des valeurs.

La classe doit être un lieu stable et rassurant, celui qui permet d’apprendre, de grandir, de s’émanciper, d’exprimer ses idées, de s’impliquer, de comprendre les autres, à l’opposé de la performance et de l’immédiateté valorisées par la société.
 
Bien au-delà des priorités définies par les autorités scolaires - comme l’accent mis actuellement à la formation des enseignants à l’IA - l’école a plus que jamais besoin d’incarner au quotidien des valeurs humanistes (coopération, écoute, empathie et recherche du bien commun). À cette seule condition, la classe peut être un lieu où il fait bon se retrouver, vivre, grandir et apprendre.